Monuments ou sites

L’église Saint-Pierre


Photo voute de l'église

Joyau architectural du village, l’église Saint-Pierre a vu le jour au XIIème siècle, au moment de la création de la « villa » par l’archevêque de Sens et Pierre de Courtenay. Du XIIIème siècle, il ne reste que le modeste mais très harmonieux portail, orné de simples chapiteaux à décor floral.
Le chœur, typique du gothique troyen, fin XVème, début XVIème, est orné de curieux chapiteaux représentant les instruments de la Passion. On remarque deux importantes clés de voûte, terminant la croisée des voûtes.

L’église avait été prévue pour accueillir 3 nefs. On voit bien, à l’extérieur le départ des ogives devant déboucher sur une église plus importante. Bussy ne devant pas se développer autant que le pensaient ses fondateurs, la nef (à la charge de la paroisse) se réduisit à des dimensions plus modestes. Sa voûte en bois brûla plusieurs fois, la dernière réfection étant effectuée par Paul Sédille en 1873. Elle repose sur des piliers de type ionien.
La cloche actuelle qui porte le nom de Louise Marie Pauline fut installée en 1871, en remplacement de l’ancienne cloche qui datait de 1667 et s’appelait Marie.

A l’intérieur de l’église, on remarque :

  • 4 tableaux carrés du XVIIème siècle, représentant les 4 évangélistes,
  • une grande crucifixion  début  XIXème inspirée de Mantegna,
  • une statue de Saint Euverte (évêque d’Orléans au IVème siècle),
  • une majestueuse « croix de chemin » en fer forgé, typique de notre région,
  • une grande dalle funéraire en pierre, maintenant fixée verticalement sur un mur,classée monument    historique. Cette dalle est celle de Guillaume Clément, laboureur et marchand à Bussy- le-Repous(sic), mort en 1532 et de sa femme Guillemette Leclerc, morte en 1572. Le texte devenu illisible par endroits a heureusement été conservé.

    Les vitraux  (chœur et rosace) ont été changés en 1965 par l’abbé Cools, dernier prêtre installé à Bussy-le-Repos.


    Pour toute demande, contacter Bernadette Petitjean : 03 86 87 16 82.                Photomontage église

                                                                   

La mairie


La mairie de Bussy présente un aspect tout à fait original. Elle fut conçue et construite par l’architecte Paul Sédille (voir chapitre célébrités) qui avait épousé Louise Soyer, fille d’un riche propriétaire de la commune. Sédille venait donc souvent dans la région et y exerça ses talents en réalisant de nombreux bâtiments.
La « maison commune » de Bussy, se trouvant dans un état qui nécessitait une reconstruction totale, le maire de l’époque fit tout naturellement appel à Paul Sédille, d’autant que son beau-père Eugène Soyer a largement contribué à de nombreuses améliorations dans la commune.

 Sédille s’offre donc à réaliser les plans qu’il présente au Conseil le 27 novembre 1897. Le projet plait, le budget dépasse d’1/3 la somme prévue ; qu’à cela ne tienne, Sédille s’engage à prendre le supplément à sa charge. Les travaux s’engagent en 1898, sont terminés dès 1899. La nouvelle mairie est inaugurée en novembre 1899 !

« Un faux air de chapelle villageoise », l’utilisation de matériaux de la région, audacieusement réunis dans le goût de l’époque cher à Sédille, des proportions harmonieuses qui savent rester modestes et adaptées à un simple village, la mairie de Bussy séduit par son aspect gai et coloré. Le silex encastré dans  le ciment sert pour  élever les murs. Les soubassements sont en pierre de Coulanges.
 La brique, elle, devient  élément décoratif : jambages des portes et fenêtres, arcs, pilastres, bandeaux s’enchevêtrent en rythmant l’élégante façade. Le recours aux émaux et cabochons animent encore l’ensemble : fleurons, losanges, et, sous le triangle du pignon, 2 grands émaux en relief encadrent le panneau « Mairie de Bussy-le-Repos », symbolisant les ressources locales et le travail des habitants : gerbes de blé, branches de chêne et de pommier, coquelicots égayant la région.

L’intérieur surprend par son ampleur : une grande salle unique de 7,35 m sur 8 m, haute de 6,50 m, à la charpente en grande partie apparente est décorée, face à l’entrée par une grande arche de briques en plein-cintre, réplique de celle de la façade. Cette arche abrite une monumentale cheminée dont le manteau accueille le buste de Marianne. Un grand lustre de billard, offert par une habitante de la commune, Madeleine BERTRAND, dont les grands parents tenaient un « cabaret » en face de la mairie, s’intègre parfaitement dans le décor de l’époque.

Photo intérieur mairie marianne

 

 

 

 

 

 

 

Le « château-villa » de Bois-Rond

 

Œuvre de Paul Sédille, il fut construit en 1978/79, sur la demande d’Eugène Soyer,
son beau-père, qui désirait un bâtiment mieux adapté au goût et aux exigences de l’époque. Fortement influencé par ses séjours en Italie, en Espagne et en Angleterre et sa découverte des possibilités architecturales de la céramique, Sédille imagina une sorte 

de villa rustique italienne : un toit en saillie, des avant-corps de hauteur inégales, une terrasse, une tour, tout y est contrastes de volumes et asymétries. On est loin de la Bourgogne traditionnelle ! La céramique est présente partout, saillies, balcons et corniches protègent cabochons et frises décoratives, les couleurs sont franches, les motifs souvent inspirés de la nature, l’ensemble est savamment ordonné  et pour le moins original.

Sédille conçut également l’intérieur de la villa où l’on retrouve frises grecques, entrelacs et filets, plafonds à caissons, grandes toiles murales, où là aussi se manifeste son goût et sa recherche pour la couleur.
La famille de Paul Sédille s’étant éteinte au XXème siècle, Bois-Rond est maintenant une colonie de vacances et appartient à la ville de Cachan.
Il est possible de louer Bois-Rond pour réceptions et mariages. Le bâtiment situé au milieu des bois, est entouré d’un joli parc planté de beaux arbres.


Les Jolis-Vaux


Acheté par Edme Moreau en 1698, les Joliveaux (sans doute l’orthographe originale) étaient d’abord un domaine agricole constitué d’une ferme et d’une maison de maître. Les Moreau agrandirent le domaine au cours du XVIIIème siècle, et transformèrent sans doute déjà la maison principale.
Joseph Joubert, le moraliste, et son frère Arnaud, Conseiller à la Cour de Cassation, épousèrent tous deux des demoiselles Moreau. C’est ainsi que les Joliveaux, tout comme la belle maison familiale de Villeneuve-sur-Yonne, ainsi que les nombreuses terres appartenant aux Moreau,  se trouvèrent propriété des descendants de Joubert.
Ce fut à Louis-Cyprien Moreau des Joliveaux, très attaché à Bussy (il fut d’ailleurs le second maire de la commune) et à Arnaud Joubert, que l’on doit la maison telle qu’elle est encore aujourd’hui. Très classiquement fin XVIIIème/début XIXème, il s’agit d’un petit château à fronton triangulaire et œil-de-boeuf, belle façade  à 7 fenêtres, toit de tuiles bourguignonnes, entouré de charmants petits communs et d’un beau parc planté « à l’anglaise ». On y retrouve bien sûr des souvenirs des frères Joubert, livres, gravures, mobilier. C’était une maison de vendanges, et Joseph Joubert, un peu hypocondriaque, se plaignait qu’il y fit toujours froid….
La ferme des Jolis Vaux (orthographe actuelle) conserve de beaux bâtiments anciens, bien dans le style de la région.
Les Jolis Vaux, ainsi que la maison de Villeneuve, sont toujours habités par les descendants d’Arnaud Joubert, Joseph Joubert n’ayant eu qu’un fils, mort sans postérité.